Live Forever: Elizabeth Peyton
jusqu'au 21 mars 2010
Elizabeth Peyton occupe une place bien à part parmi les peintres d'aujourd'hui - Peter Doig, Laura Owens, Tal R, Neo Rauch, Luc Tuymans. Elle est la portraitiste du groupe (à peu de chose près). Et occupe de ce fait la fonction de peintre de société d'aujourd'hui, suivant en cela le modèle d'un Anton van Dyck du dix-septième ou d'un Andy Warhol du vingtième siècle. Cela pourrait induire une prise de position élitiste. Il n'en est rien en réalité, car il n'existe aucune hiérarchie entre les portraits de ses amis, amants, stars, famille, grands de ce monde et membres de familles royales, écrivains classiques - et autres. Elle les aimes tous de manière égale - tous peuplent son monde sans préférence aucune. Il n'est pas anodin que toutes ses peintures aient peu ou prou le même format, de taille qui plus est très réduite (35 x 25 cm).
On est bien loin de toute notion d'héroïque ou de monumentalité. Les fines traces de peinture ne ramènent pas à une technique de travail détaillée jusqu'à l'épuisement. Elizabeth Peyton aborde son sujet d'une légère touche de peinture, simple, et crée par là-même une distance unique en son genre. C'est cette distance même qui nous permet à notre tour d'être partie prenante de ce qui se joue sur chaque petit tableau. Le travail d'Elizabeth Peyton est singulier en ce sens qu'il ne dénote pas non plus d'une tendance à un langage pictural génial, prétendument touchant ou précieux – on a plutôt à faire à une expression visuelle modeste.
Les regards détournés, les attitudes nonchalantes, la composition « maladroite » - le haut des cheveux manque souvent aux personnages - des tableaux suggèrent une prise de vue rapide, pour laquelle une deuxième lecture, voire plus, est nécessaire pour arriver à déceler les pierres de fondation et à les distinguer de l'ensemble du travail. On dirait – comme pour un polaroïd – que l'image est en cours, en train d'apparaître, qu'elle doit encore éclaircir et sécher.
Peyton traite ses personnages, ses modèles, avec commisération. Cela peut sembler étonnant, d'autant que pas mal de ses héros - Pete Doherty, Liam et Noel Gallagher, Jarvis Cocker, Sid Vicious et Kurt Cobain – sont loin de vivre ou d'avoir vécu une vie terne et sans couleurs. Vitalité, vanité et fugacité donnent l'impression de se heurter les uns aux autres dans ses portraits. Les choses ont pour une fois plus qu'un unique aspect, et les fleurs ne durent pas plus qu'une seule semaine. La peinture aide ici à échapper à l'éphémère et au déclin. Elle maintient les choses en place. Et tous ceux qui nous ont dit au revoir depuis longtemps déjà. D'où le titre de l'exposition: Live Forever.
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Le catalogue Live Forever: Elizabeth Peyton, paru à l'occasion de l'exposition et en collaboration entre le New Museum, New York et Phaidon, comprend une riche sélection de reproductions d'oeuvres, de photos et de documents de travail de l'artiste. Disponible au magasin du musée.
Live Forever: Elizabeth Peyton a été organisée par le New Museum, New York. Banana Republic est le sponsor général de l'exposition. La Turing Foundation est le bienfaiteur principal de l'exposition. La radio Klara est le partenaire média de l'exposition.
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